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Le peuple ou les peupleux ? Le 25 juin 2005
Le peuple ! Le peuple ! Le peuple ! On n'entend plus que ça. Le peuple amalgamé dans la bouche de Besancenot, Buffet, Le Pen ou De Villiers comme une entité homogène. Mais qui es-tu, peuple, moi qui ne voit que DES peuples ? Je les nommerais plus facilement "les peupleux". En tant que conseiller municipal de Mauléon Licharre, je dois dire que quelques semaines après les élections municipales, je l'avais perdu de vue, le peuple. J'en ai eu une vision fugace durant les réunions où nous élaborions le programme de la liste à laquelle je participais. Car si durant cette campagne électorale, les petits politiciens et "les peupleux" ont parfois joué le jeu de la démocratie, de l'ouverture, du débat permanent et citoyen avec une bonne dose d'oecuménisme, aujourd'hui c'est bien fini. Je ne vois plus rien que des humains vaquant à leurs activités privées et professionnelles. Je pense en effet que pour intéresser les citoyens à l'Europe et au monde il faut d'abord qu'ils s'intéressent à leurs propres affaires, aux affaires de leurs voisins, de leur quartier. Or, combien sont-ils à s'intéresser à la vie politique de la commune, à demander des comptes, à assister aux séances du conseil ? Et s'il y avait eu un référendum concernant la peine de mort ? Le résultat aurait-il été ce qu'il est aujourd'hui ? Non, je n'ai pas envie de "tenir compte du verdict populaire" (dixit le comité souletin) et des résultats de ce référendum. J'ai mes convictions, point. Parce que je ne crois pas au référendum vu la démantibulation totale de cette foule éparse et incohérente. Je repense là, à la chanson de Renaud, Hexagone, dans laquelle il n'épargne pas ce peuple contradictoire et versatile. Ces "peupleux" qui hier installent un gouvernement de droite et qui n'ont de cesse ensuite de le démolir. Et après c'est le tour de la gauche. S'il y a un peuple c'est un enfant de quelques mois qui joue à monter des constructions de cubes pour les démolir aussitôt. Individuellement dans le peuple il y a des gens biens, mais ça me ferait mal aux dents de dire à l'image du collectif souletin pour le non au TCE qu'il s'agit de "savoir en toutes circonstances respecter les exigences populaires". Cette phrase est vide de sens. Et je ne souhaite subir ni dictature du pouvoir, ni du prolétariat. Je ne peux plus sentir, aujourd'hui, cette extrême gauche et extrême droite populiste et démagogique liées par cette récupération honteuse du peuple, dont une bonne partie est constituée de xénophobes (60 % des partisans du non pensent qu'il y a trop d'étrangers en France) et d'une grande majorité qui attend tout des élus, des élections et de la prochaine alternance. Tous pourris sauf "Les peupleux", c'est entendu ! En matière de récupération honteuse du peuple, seul Sarkozy a fait mieux par ses propos au sujet du meurtre de cet enfant de 11 ans le 19 juin à la Courneuve, en parlant du peuple à tort et à travers. Pour le rugby, le rallye des cimes ou les courses de Quad, il y a foule. Les plages sont combles l'été, dans les stations de ski l'hiver, on se bouscule. Les réunions politiques, vous pouvez les faire dans les toilettes, il y aura assez de place. Mes convictions sont confortées. Continuons à nous asseoir lourdement sur ce concept épuisé qu'est le suffrage universel et la démocratie représentative. Citoyens et élus, continuons à faire confiance à ce système de délégation de pouvoir qui n'a plus aucun sens et qui est arrivé au bout de ce qu'il pouvait donner. Continuons à penser comme le premier adjoint de la mairie de Mauléon qui dit, je cite de mémoire : "Dans la population il y a plusieurs niveaux d'information. Les élus sont là parce que les citoyens ne peuvent accéder à certaines informations et par conséquent ne peuvent pas agir en conséquence". Je parlerai du peuple avec conviction le jour ou la démocratie participative viendra se greffer à la démocratie représentative. A ce moment-là, les élections et les référendums auront peut-être plus de sens. Pour l'instant, ils sont là uniquement pour faire croire que nous sommes dans un modèle de démocratie. Mais à ce jeu là, à long terme, nous serons tous perdants. Pour finir : Lors d'une élection législative, je me souviens d'une réunion publique de Louis Labadot du parti communiste. Il avait ouvertement fait du pied aux électeurs de droite et d'extrême droite du CPNT. S'il doit y avoir un peuple de gauche avec des chasseurs de droite et d'extrême droite, il est clair que je préférerais lui dire merde. |
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